2013-2

2eme mission 2013

Nous allons à Graret Leghtar (130 Km environ) sur 2 jours pour faire le point avant la réunion de travail avec le DREN et le Wali pour engager le projet majeur 2014.

Le compte rendu de cette visite aux autorités a été l’occasion de remettre les choses en place et de rappeler fermement les attentes qui sont les nôtres et qui déterminent le démarrage (ou pas) du projet. A suivre…

 

Du 29 décembre au 2 janvier, nous nous rendons à Agassar, visité en 2011 avec Philippe & Dominique. Le village est bordé par un Wad et une palmeraie, mais ce cadre idyllique cache une pauvreté endémique et pour le rallier (35 Km à vol d’oiseaux) il faut 3h30 tant ce secteur est enclavé.

Dès l’arrivée nous procédons au repérage de ce qui pourrait devenir l’un de nos projets futurs (2015). L’état de l’école (3 bâtiments dont un par terre), l’état sanitaire (pas de structure), les besoins des coopératives de femmes sont aumenu des visites et écahnges. Les débats vifs entre habitants démontrent qu’il y a des clans et des tensions chacun essayant de tirer la couverture à lui.

Le 31 décembre, plus de 250 cahiers et des fournitures scolaires seront distribués aux enfants devant l’école. Puis, environ 900 vêtements (sans compter les chaussettes, gants et casquettes) seront remis aux enfants qui se présentent avec leur Maman.

Le 1er janvier, nous iront rendre visite aux 8 hameaux qui constituent le village pour présenter l’ONG et expliquer notre démarche et notre indépendance vis-à-vis des groupes de pression, des clans ou des familles. Certains hameaux n’ont jamais vu une ONG chez eux depuis qu’ils se sont installés là.

Le soir, les femmes ont organisées une fête pour nous remercier de notre action pour le village.

 Construction de l’école de Madher Tiberguent (suite & fin) :

En septembre, le bâtiment de l’ancienne classe destiné à devenir la bibliothèque et qui n’a pas pu être consolidé en mai a souffert des pluies. Des fissures importantes sont apparues dans les murs de banko et des infiltrations ont eu lieu à partir du toit. Les poutres métalliques (longerons de camion) sont devenues trop lourdes pour la structure ancienne de ce bâtiment. Les photos envoyées par Maloum témoignent de cet état. Il est donc décidé de ne pas laisser la dégradation prendre de l’ampleur, sinon il faudra reconstruire complètement un lieu pour accueillir la bibliothèque.

Six poteaux et un chainage en béton armé sont coulés par Djah, le maçon. Le toit est complètement démonté et refait avec un film plastique pour l’étanchéité, des feuilles de palmiers pour l’isolation et du banko pour la solidité de l’ensemble. Il scelle les 3 fenêtres prévues et la nouvelle porte, refait le crépi intérieur et  extérieur et la dalle de sol.

La mission de décembre commence par l’achat du matériel photovoltaïque en collaboration avec l’ADER. L’installation et les branchements se feront en deux jours.Puis nous allons chercher des pierres plates chez Bahah pour constituer les étagères (après découpe) de la bibliothèque. Les murs sont poncés et peints après avoir fixées les étagères. Le carrelage est posé. Le 24 décembre la bibliothèque n’attend plus que ses livres.qui seront installés le 2 janvier au retour d’Agassar.

 Retour à Madher le 2 janvier où nous procédons à l’installation des livres dans la bibliothèque.

Les toilettes sont terminées le 3 janvier 2014.

Le 4 janvier, c’est l’inauguration à laquelle assistent près de 80 personnes

Le Wali (Gouverneur) de la Région entouré du Hakem (Préfet), de parlementaires, d’élus, des directeurs d’administrations et du Commandant régional de la sécurité a tenu à présider cette. De l’allocution empreinte de reconnaissance et de souhaist de développer notre partenariat, Je retiens en particulier parmi ses mots : »il n’y a pas d’équivalent dans tout le pays, au nom de mon pays et de ses habitants, merci Philippe pour ce que tu as réalisé ici, merci aux membres de l’ONG d’avoir préparer la réalisation de ce projet par votre bénévolat et votre travail France , merci la France ».

  La journée a été riche en échanges et palabres. De nombreux appels nous ont été adressés un appel pour les aider à réaliser d’autres projets dans leur village, chacun soulignant la fierté d’avoir ce bel outil pédagogique dans leur région. Cette cérémonie a permis aux villageois mais aussi à de nombreux chefs de villages et Maires venus parfois de loin de s’entretenir des problèmes qu’ils rencontrent avec les responsables présents.

 J’ai vécu la construction de l’école de Madher Tiberguent comme une formidable « aventure », compliquée parfois, prenante souvent, épuisante physiquement mais ce qui reste de cette somme énorme d’investissement c’est une expérience riche sur le plan humain, intellectuel et culturel. Elle a été l’occasion de mutualiser des énergies si éloignées dans leur mode de vie ou leur sensibilité : administrations, entreprises, fondation, financeurs, bénévoles, villageois, écoles et enseignants.

Au regard des difficultés rencontrées, du manque de mobilisation des villageois, de la distance du chef du village, il y a l’attention des autorités en particuliers des forces de sécurité, les encouragements des mamans du village et bien sûr, et surtout, les sourires et les étoiles qui brillent dans les yeux des enfants. Les voir en Mai s’installer dans leur nouvelle classe a été un moment privilégié.

Comme je l’ai dit dans mon discours inaugural, face aux édiles de la région : « ma première pensée et mes remerciements les plus chaleureux vont à celles et ceux, qui en France travaillent chaque jour bénévolement pour faire vivre l’ONG, à celles et ceux qui ont financé le projet, à vous tous qui me faite confiance et qui m’avez donné la force et la volonté de gagner ce pari sur le dénuement dans lequel étaient ces enfants. »

 Je dois avouer que je n’ai pas pu cacher mon émotion le jour de l’inauguration entouré des enfants et de celles et ceux qui ont jouer le jeu sur place en me soutenant et en m’apportant l’aide et le réconfort indispensable pour tenir.

 Cette émotion et cette reconnaissance envers vous reste toujours aussi vive, en particulier en écrivant ces quelques mots.

 Du fond du cœur merci à tous.